Proverbe chinois

Si nous avons chacun un objet et nous nous les échangeons, nous avons chacun un objet. Par contre, si nous avons chacun une idée et que nous nous les échangeons, nous avons chacun deux idées.

mercredi 29 avril 2009

Fugitif


«There is a point beyond which self-control becomes a form of paralysis.»
Alan Watts

samedi 4 avril 2009

Évidences nécessaires


Ouvre ton esprit, laisse les liens se faire, laisse ton imagination prendre le relais, laisse le contrôle à ton intuition. Cesse de contenir ton âme dans la cage de ta compréhension. As-tu réellement cette prétention de n'accorder d'importance qu'à ce que l'esprit peut saisir et catégoriser?
Peut-être que pour apprécier l'inconnu faut-il avoir conscience de sa vastitude imposante. Peut-être pour apprécier ce qui constitue notre univers sensible faut-il le considérer comme une faible partie de l'infini.
La raison est reine dans un domaine limité, on se doit de l'accepter et de la compléter avec nos sens, notre instinct et notre humilité. Il ne faut pas nier ces différentes parties complémentaires de notre être, comme nous ne voulons pas nous limiter nous-même. La rationalité que nous avons réussi à développer n'est pas l'outil ultime et incontestable de l'appréciation de la réalité.

Avec ce regard ouvert et unifiant, l'abstraction la plus confuse aura autant de sens (et peut-être plus) que la concrétude la plus plate et évidente.

La clé est une curiosité intense et une ouverture illimitée.

samedi 14 mars 2009

Travail en cours: Extrait de mon prochain projet: Midgar























À cet air tiède qui se meut
cette matière douce et sombre
se lie intimement

à l'abri de l'évidence

Tous les possibles, 
reines tentaculaires et aveugles
couvrent leurs aspérités
éclairées de hasard

Ces mains immenses
et infinies
se tordent et se serrent
sous les voutes multiples
d'un saccage bien construit

Un goût de feuilles mortes
un résidu de silence
rythmé sans harmonie

jeudi 26 février 2009

Aux portes de la conscience


En relisant un extrait du livre de Brooks Jensen, je suis tombé sur une phrase très forte; non dans ce sens où elle résume un idéal, mais plutôt qu'elle renvoie à la source de tout ce que je veux éviter dans ma vie. Cette phrase est donc structurante, car elle m'aide à verbaliser les fondements de ma démarche ainsi que ce qui est pour moi la définition de l'artiste. À noter que cette phrase n'est pas de Jensen, c'est plutôt un dicton du domaine de la photo.

«If you can't make a great photograph of a mundane subject, at least make a mundane photograph of a great subject»

Beaucoup sont ceux qui suivent ce conseil en photo. On ne peut pas les en blâmer, c'est d'une extrême facilité que c'en est presqu'un réflexe pour n'importe qui a une caméra dans ses mains. On voit un beau coucher de soleil, on déclenche ; mais alors qu'est-ce qui est beau en vérité, la photo ou bien ce qui est photographié? C'est une perspective très angoissante pour un photographe qui veut avoir un peu de responsabilité dans la création .
Chaque définition est exclusive, c'est l'idée même de la définition. Ma définition de l'Art et de l'artiste exclue toute création qui peut être associé à la seconde partie de la citation. Pour certains le seul acte de création défini l'artiste, pour d'autres c'est le talent avec lequel la création est exécutée. Pour moi, cela définit le créateur, mais la définition de l'artiste nécessite quelques autres aspects; la création ne suffit pas. L'artiste est créateur, mais le créateur n'est pas forcément artiste. Ce dernier est celui qui pourra effectivement faire une superbe photo d'un sujet banal, mais idéalement ça ne se limitera pas à ça. L'artiste a une tâche, une mission. Ceci pourra paraître un peu mystique, mais... ainsi soit-il! L'Art est un ensemble de langages, Il peut s'appliquer à différents buts selon lequel de ces langage on utilise, ceux qui m'apparaissent les plus importants pourtant sont ceux qui s'emploient à l'avancement du genre humain, et c'est la pour moi le but ultime de l'Art, car ses forces et son rayon d'action lui sont propre et sa capacité à changer les êtres qui lui sont réceptif est très grande. Bien qu'il puisse agir au niveau de la rationalité et de la compréhension logique, sa grande force est qu'il a la possibilité d'agir directement sur l'âme et la conscience des êtres, que l'on pense à la musique ou aux différentes formes d'art thérapie. Kandinsky, avec sa théorie de couleurs peut être considéré comme l'instigateur de cette idée. L'Art a cette possibilité de créer des résonances dans l'intérieur même de l'être sensible, et ainsi peut être à la base d'un changement interne puissant chez l'individu. Il a la possibilité et la force potentielle de faire éclater les structures mentales trop rigides et limitatives, et libérer les perceptions trop étroites et faibles qui en découlent. L'Art est un outil de communication et d'apprentissage, pour le créateur comme pour le lecteur. Mais pour établir un pont parfait entre le l'artiste et son oeuvre et le récepteur, chacun doit exceller dans son domaine; l'artiste dans sa vision et son talent pour l'exprimer, et d'autre part, le lecteur doit prendre conscience de son pouvoir créateur, son rôle n'est pas passif; il ne doit pas attendre le changement, mais le chercher et y participer. Le rôle du récepteur est de se rendre disponible à l'oeuvre et au message, d'être attentif et ensuite travailler sur ce que l'oeuvre lui a permis de vivre. Comprendre, mais aussi, et surtout, sentir et ressentir et intégrer cela à sa vie quotidienne. L'artiste n'est pas là pour donner à voir, mais pour faire voir, faire voir des détails insoupçonnés de l'existence, ou faire voir cette dernière sous un angle différent. Je ne sais pas si je me répète, mais Paul Klee a dis: «Art does not reproduce visible, it makes visible.»

dimanche 22 février 2009

mercredi 1 octobre 2008

Derrière le mur (que je photographie) l'Univers. L'univers et son reflet, toutes nos visions chevauchantes et dérivantes. Des autoportraits sans soi et des paysages autobiographiques. Mon regard juvénile éclaté sur une matière distante, qui interprète et résume la surface de l'infini.

lundi 29 septembre 2008

vendredi 26 septembre 2008

jeudi 31 juillet 2008

Citation

«Je pense que chaque artiste ou presque tente sans cesse de parvenir au bord du néant, là ou il est impossible d'aller plus loin.» (Harry Callahan) Démarche dangereuse dans la mesure où il serait possible d'y parvenir. Mon esprit se complaît dans la perspective où il est impossible d'arriver en un tel lieu, au bout de la route, soit qu'un tel lieu n'existe pas ou que le voyage serait trop long pour une vie humaine. Quel serait en effet le choc pour l'esprit humain de se heurter à une surface où il ne pourrait consumer son existence, laisser sa trace, créer pour simuler une signification à tout cela? Seul un immortel pourrait vraiment connaître le néant, et peut-être que l'immortalité advient lorsque l'on parvient au néant. Il m'apparaît pourtant improbable que ce soit un lieu différent de celui où l'on se trouve; nous devons y être déjà, en faire partie, seulement trop léger et immature pour pleinement l'habiter. Le néant est ici et ailleurs, et l'éternité est une aberration de langage.

mardi 17 juin 2008

Anecdote

Je lisais et je n'étais pas concentré, je pensais à mon blog et je me demandais pourquoi continuer à y écrire, quel intérêt y avait-il à exposer ce que je pense, mes conclusions et mes questions. À la seconde où je me posais ces questions, voici le passage sur lequel je suis tombé: «Je ne crois pas qu'il soit indispensable à un philosophe de défendre sa vie durant une position rigidement cohérente. C'est une sorte d'orgueil de l'esprit que de s'interdire de «penser à haute voix» et de publier une thèse tant qu'on ne se sent pas en mesure d'en présenter une justification sans appel. Tout comme la science, la philosophie est une fonction sociale. On ne peut penser juste tout seul, et il est nécessaire de livrer sa pensée au public afin de profiter en retour de la critique. S'il m'arrive de donner à certaines déclarations un tour autoritaire ou dogmatique, c'est par souci de clarté et non pour jouer les oracles.» (Alan Watts, Supreme identity)
 Sans m'identifier à ceci en me disant philosophe - loin de là - je crois que ceci s'applique beaucoup à ma situation, car cela me rappelle pourquoi j'avais commencé ce blog au début. C'était justement pour former ma pensée, pour me forcer à l'articuler et pour l'exposer aux intempéries à l'extérieur de ma boîte crânienne. Je croyait pouvoir faire de ce lieu un lieu d'échange, mais je me suis trompé. Partir ce blog seul et d'une façon très personnelle et pensant pouvoir y greffer d'éventuels collaborateurs était un peu naïf. C'était et c'est resté un lieu de réflexion personnel exposé à tous qui prennent le détour, une petite bouteille de verre où je suis le seul à glisser des messages par le goulot. 
 Pour revenir à la citation d'Alan Watts, je crois que cela s'applique bien à d'autre forme d'expression/réflexion. Par exemple, l'auto-critique, les exigences envers soi et sa création peuvent facilement être un frein à l'exposition de celle-ci. Vouloir s'améliorer, pousser plus loin, complexifier, synthétiser, perfectionner son oeuvre; tous ces désirs ne doivent pas constituer un blocage à l'appréciation de cette oeuvre, si en devenir qu'elle puisse être. Car est-on jamais en parfaite maîtrise de nos moyens (de réflexion et création), cesse-t-on jamais d'apprendre et de d'améliorer, peut-on jamais arriver à une extrémité où tout est parfait, bien dosé et sans faille, où le moment serait parfaitement idéal pour finalement révéler au grand jour l'«accomplissement ultime»? Je ne crois pas, pour moi la perfection fait référence à un état d'immobilité qui ne peut exister, car, même s'il était possible d'y parvenir, cet exploit se solderait par la mort, car je ne conçoit l'immobilité comme faisant partie de la vie.

dimanche 11 mai 2008

Phrase anonyme

«You never grow old, you become old by not continuing to grow.»
Ceci décrit très bien chez moi une angoisse, une obsession et de ce fait même un but et une motivation.

dimanche 17 février 2008

Paysages subjectifs


Regard neuf


Une certaine chose m'a toujours intéressé, percevoir, comprendre les choses telles qu'elles sont. C'est une idée que j'ai retrouvée plus tard, par hasard, en lisant sur le bouddhisme et le Zen. Certaines idées de cette philosophie sont très intéressantes et trouvent des échos particulièrement intéressants dans les arts visuels. Par exemple, l'idée de dualité. On a tendance, pour comprendre, à vouloir étiqueter, mettre un mot sur une chose. Ainsi, on a l'illusion de l'avoir saisie. Illusion parce que souvent le mot nous éloigne de ce qu'il désigne parce qu'il a une définition qui est fixe et limitée, ce qui n'est pas le cas de la réalité. Comprendre à travers les mots - ce qu'on fait généralement - induit dans notre perception du monde des dualités qui divisent ce qui est uni dans la réalité. Pour des fins de communication les mots et les définitions sont utiles, mais pour comprendre et faire l'expérience du monde, cela nous en éloigne plus souvent qu'autrement. On s'arrête au mot et on ne sent plus la réalité. Ce que je dis est un peu abstrait et confus, mais cela prend du sens avec le très lucide exemple de Magritte. La première fois que j'ai vu son tableau Ceci n'est pas une pipe, je me suis posé des questions sur sa santé mentale. Après coup, j'ai compris, ce n'est pas une pipe, c'est une peinture représentant une pipe. Ça a l'air évident, mais la confusion s'installe souvent. On croit avoir compris quelque chose dès que cette chose trouve référence dans ce avec quoi on a déjà eu contact et qu'on a catalogué. Ainsi on a rarement un regard neuf, on regarde toujours en essayant de repérer ce qui est identifiable. Rarement on essaie de voir, le plus souvent on essaie de reconnaître. C'est ce qui m'est arrivé la première fois que j'ai vu le tableau de Magritte; c'est une pipe, ok, next! Et c'est ici que le tableau prend toute sa force; le peintre a écrit bien lisiblement; Ceci n'est pas une pipe. Ah! Questionner nos perceptions, nos préjugés, nos mécanismes de compréhension; pour éventuellement s'en libérer et faire une expérience du monde plus directe, plus authentique. Voilà une des tâches de l'Art. Ceci ne veut pas dire que les mots, les définitions, les concepts n'ont pas leurs place et utilité, seulement, il ne faut pas confondre la Lune avec le doigt qui la pointe. C'est entre autre un grand problème de l'appréciation de la photo (dans le domaine artistique), c'est une représentation qui peut être tellement fidèle de la réalité qu'on oublie que la photo n'est pas ce qu'elle montre. Je suis toujours intéressé par les démarches qui touchent à cette problématique. Il y a quelques temps j'ai fait un projet qui voulait aussi questionner nos perceptions. C'est une série de photos abstraites où il est très difficile de jurer de ce qui a été photographié, avec un titre qui suggère un paysage qu'on peut retrouver avec de l'imagination dans l'image. Il n'y a pas de manipulation dans Photohsop autre qu'ajustement de contraste, couleur, etc. L'idée était de poser la question «que voyez-vous»? Ce que l'imagination projette sur une image abstraite (le paysage) ou ce qui a été photographié (matière plus ou moins identifiable). Ceci n'est pas de la tôle oxydée, c'est un sommet de montagne enneigé, ou bien l'océan, ou bien...

jeudi 7 février 2008

Quelques images...

Pour ne pas parler dans le vide.
 (Cliquez pour voir en grand)








Ajustement

 J'aimerais essayer de clarifier quelque chose. Un doute que j'avais déjà et qu'on a par la suite porté à mon attention. 
 Le fait de parler de la création et de ses environs peut sembler être une négation de sa dimension intuitive; le senti, l'inspiration, etc. Ceci est pourtant très loin de mes intentions. Pour moi cette dualité n'existe pas - ou ne le devrait pas - en ce sens qu'il n'est pas impossible de réfléchir et de ne pas être limité par cette réflexion. Comme l'apprentissage technique est important pour repousser les limites de la création - acquérir des compétences nouvelles pour atteindre un autre niveau - la réflexion sur la création peut avoir une raison d'être similaire. On peut toutefois se demander quelle est la vraie raison de parler de la création, si ce n'est pour intellectualiser, complexifier ce qui ne devrait pas l'être, c'est une question très légitime. Personnellement, je crois que je le fais, d'une façon très égoïste, pour mon propre plaisir. Pour paraphraser Brooks Jensen, je crois qu'il est important, pour évoluer et s'améliorer en photo, de pratiquer à chaque jour. Comme un musicien ne peut aller faire un concert sans avoir pratiqué quotidiennement son instrument, un photographe doit faire de la photo chaque jour. Mais ceci n'implique pas de produire des images chaque jour, mais de faire quelque chose de relatif à la photo, que ce soit de regarder des images, voir un documentaire, exercer son oeil en marchant sur la rue, travailler ses photos, lire sur la photo ou écrire sur la photo, etc. 

mercredi 6 février 2008

La prison de nos conceptions

Parce les chemins déjà tracés sont si facilement empruntables, il faut être prudent. Les idées reçues, les préconceptions sont là pour nous faciliter le contact au monde et, à cause de cette facilité nous les acceptons souvent trop rapidement, sans se questionner. 
 En tant que créateurs, il est important de remettre en question les lieux communs, les conventions. Pour dire quelque chose, il faut avoir quelque chose à dire et pour cette même raison on doit forger notre regard, notre approche, faire des choix les plus conscient possibles quant à notre rapport au monde, rester le plus indépendant possible pour avoir un regard frais sur les choses et les idées.
 La photographie est un domaine qui est sans cesse objet de catégorisation. Tout le monde et n'importe qui, penseurs, spécialiste, ou bien mononcle, pensent savoir ce qu'est la photographie, pensent pouvoir la déterminer, l'expliquer, la définir avec ses caractéristiques, ses limites, donc la simplifier. Étrangement, même certains photographes s'y efforcent. 
 Il faut faire attention aux concepts. Pendant qu'ils semblent expliquer de façon juste et parfois irréfutable les aspects de l'existence, ils en nient (entre-au
tre)le caractère intrinsèque et fondamental qui est la non-fixité, l'impermanence, ils établissent des murs, des frontières, des oppositions, des dualités, qui souvent ne sont présents que dans l'esprit et ne se retrouvent pas dans la réalité, qui elle est vague, changeante et non-duelle. 
 Selon moi, la photographie échappe à toute catégorisation réductrice parce qu'elle embrasse la vie par son jeu avec le temps, l'espace, la vision, la perception intellectuelle et philosophique. Elle est aussi libre que l'être qui la pratique. 


















Par exemple, Alain Fleisher (photo ci-dessus), par ses images, contredit le très réducteur
concept de Roland Barthes selon lequel la photo n'existe pas en soi, elle n'est que l'image de ce qui a été à un certain moment. Fleisher, en composant des images qui se sont constituées dans le temps et non à un instant précis (qu'est-ce qu'un instant de toutes façons? 1/60e de seconde?) prouve le contraire, ce qu'il a photographié n'a jamais «été» tel qu'on le voit sur l'image.

 Brooks Jensen a écrit ceci: «[creativity] [...] is a clarification of what could not be seen so easily without it.» Autrement dit, la «vision» de l'artiste est là pour montrer. «Art does not reproduce visible, it makes visible.» (Paul Klee).

Diaporama du projet Limites de la rationalité