Proverbe chinois

Si nous avons chacun un objet et nous nous les échangeons, nous avons chacun un objet. Par contre, si nous avons chacun une idée et que nous nous les échangeons, nous avons chacun deux idées.

dimanche 28 juin 2009

Citation d'un artiste fictif dans le film Stay

«Bad art is more tragicaly beautiful than good art because it documents human failure.»
Tristan Reveur.
... Regardons maintenant l'art qui nous entoure avec cette idée en tête.

(en passant, très bon film. http://fr.wikipedia.org/wiki/Stay)

jeudi 25 juin 2009

Signifier sans figurer, illustrer sans décrire.



Qu'y a-t-il au-delà de ce que l'on sait que c'est? Tout. Et rien. Car ce que l'on perçoit n'est qu'une forme parmi d'infinies potentialités. Ce vers quoi cette forme renvoie est cette infinité; la forme ne doit pas limiter et obscurcir, mais stimuler et évoquer ce plus vaste, cet Autre, cette liaison parmi les différences...
Pour parler de l'humanité, nul n'est besoin d'en faire le portrait. L'oeuvre, peu importe ce qu'elle représente (si elle représente) et peu importe comment, a toujours comme sujet la dimension humaine. L'oeuvre est humaine à la base, car exécutée par l'homme et destinée à l'homme. Le but ultime de l'oeuvre étant cette relation qu'elle crée (ou doit créer) entre le spectateur et elle-même. C'est cette relation qui est importante par dessus tout et finalement c'est probablement ce qui peut donner sa «valeur» à l'Art. Par relation, je désigne cette dynamique, ce mouvement, ce changement qui s'induit dans l'âme du spectateur qui sera amélioration, éveil, remise en question et qui jouera - consciemment ou pas - au niveau de ses perception, de sa compréhension, de sa connaissance (de soi, des autres, du monde). Ainsi,l'oeuvre se doit d'être la plus riche possible (sans être surchargée) et que cette richesse ait un potentiel communicable au spectateur, pour qu'elle puisse ainsi remplir sa fonction de contribuer à l'évolution de l'humanité (même à la plus petite échelle). L'élément de liberté est aussi profitable dans une oeuvre; moins elle contraint à une seule interprétation, plus son impact a de chances d'être profond, car il encourage le spectateur à aiguiser ses perceptions et à les utiliser d'une façon créative. Ceci est possible dans l'art figuratif, mais peut-être d'avantage dans l'abstrait (et la poésie).

vendredi 19 juin 2009

Cloisonnement

Alice au pays des merveilles

mercredi 10 juin 2009

Démarche générale


La photographie peut nous désapprendre à regarder. À regarder comme nous avons appris à le faire, c'est-à-dire rechercher des éléments connus, pré-assimilés; regarder sans chercher à voir véritablement.

La photographie, qui à la base a été inventée pour créer des documents objectifs, rendant compte du réel, peut être utilisée pour contester ces limites mêmes qu'elle cherche à renforcer. Le fait qu'elle ait pour but de confirmer notre vision de la réalité - qui s'attache à la surface plutôt qu'à essayer de voir au-delà - donne encore plus de force à une démarche qui cherche à modifier notre relation au réel, à libérer nos perceptions de cette inertie.

Notre réalité visuelle (et conceptuelle) est la matière première du médium photographique. Le fait de la rendre méconnaissable ou du moins d'utiliser l'aspect du sujet pour en détourner la signification est un moyen d'abattre les frontières de nos perceptions, de solliciter les autres outils de compréhension qui sont à notre disposition et donc de créer un élargissement de notre réceptivité. Cette ouverture réceptive est un des fondements essentiels sur lesquels doivent se construire une nouvelle humanité; plus libre, plus consciente, plus créative, plus confiante…


lundi 1 juin 2009

Mon père


Dans une de nos discutions sur l'art, l'artiste. La seule personne avec laquelle je parle vraiment de ces choses.

mercredi 29 avril 2009

Fugitif


«There is a point beyond which self-control becomes a form of paralysis.»
Alan Watts

samedi 4 avril 2009

Évidences nécessaires


Ouvre ton esprit, laisse les liens se faire, laisse ton imagination prendre le relais, laisse le contrôle à ton intuition. Cesse de contenir ton âme dans la cage de ta compréhension. As-tu réellement cette prétention de n'accorder d'importance qu'à ce que l'esprit peut saisir et catégoriser?
Peut-être que pour apprécier l'inconnu faut-il avoir conscience de sa vastitude imposante. Peut-être pour apprécier ce qui constitue notre univers sensible faut-il le considérer comme une faible partie de l'infini.
La raison est reine dans un domaine limité, on se doit de l'accepter et de la compléter avec nos sens, notre instinct et notre humilité. Il ne faut pas nier ces différentes parties complémentaires de notre être, comme nous ne voulons pas nous limiter nous-même. La rationalité que nous avons réussi à développer n'est pas l'outil ultime et incontestable de l'appréciation de la réalité.

Avec ce regard ouvert et unifiant, l'abstraction la plus confuse aura autant de sens (et peut-être plus) que la concrétude la plus plate et évidente.

La clé est une curiosité intense et une ouverture illimitée.

samedi 14 mars 2009

Travail en cours: Extrait de mon prochain projet: Midgar























À cet air tiède qui se meut
cette matière douce et sombre
se lie intimement

à l'abri de l'évidence

Tous les possibles, 
reines tentaculaires et aveugles
couvrent leurs aspérités
éclairées de hasard

Ces mains immenses
et infinies
se tordent et se serrent
sous les voutes multiples
d'un saccage bien construit

Un goût de feuilles mortes
un résidu de silence
rythmé sans harmonie

jeudi 26 février 2009

Aux portes de la conscience


En relisant un extrait du livre de Brooks Jensen, je suis tombé sur une phrase très forte; non dans ce sens où elle résume un idéal, mais plutôt qu'elle renvoie à la source de tout ce que je veux éviter dans ma vie. Cette phrase est donc structurante, car elle m'aide à verbaliser les fondements de ma démarche ainsi que ce qui est pour moi la définition de l'artiste. À noter que cette phrase n'est pas de Jensen, c'est plutôt un dicton du domaine de la photo.

«If you can't make a great photograph of a mundane subject, at least make a mundane photograph of a great subject»

Beaucoup sont ceux qui suivent ce conseil en photo. On ne peut pas les en blâmer, c'est d'une extrême facilité que c'en est presqu'un réflexe pour n'importe qui a une caméra dans ses mains. On voit un beau coucher de soleil, on déclenche ; mais alors qu'est-ce qui est beau en vérité, la photo ou bien ce qui est photographié? C'est une perspective très angoissante pour un photographe qui veut avoir un peu de responsabilité dans la création .
Chaque définition est exclusive, c'est l'idée même de la définition. Ma définition de l'Art et de l'artiste exclue toute création qui peut être associé à la seconde partie de la citation. Pour certains le seul acte de création défini l'artiste, pour d'autres c'est le talent avec lequel la création est exécutée. Pour moi, cela définit le créateur, mais la définition de l'artiste nécessite quelques autres aspects; la création ne suffit pas. L'artiste est créateur, mais le créateur n'est pas forcément artiste. Ce dernier est celui qui pourra effectivement faire une superbe photo d'un sujet banal, mais idéalement ça ne se limitera pas à ça. L'artiste a une tâche, une mission. Ceci pourra paraître un peu mystique, mais... ainsi soit-il! L'Art est un ensemble de langages, Il peut s'appliquer à différents buts selon lequel de ces langage on utilise, ceux qui m'apparaissent les plus importants pourtant sont ceux qui s'emploient à l'avancement du genre humain, et c'est la pour moi le but ultime de l'Art, car ses forces et son rayon d'action lui sont propre et sa capacité à changer les êtres qui lui sont réceptif est très grande. Bien qu'il puisse agir au niveau de la rationalité et de la compréhension logique, sa grande force est qu'il a la possibilité d'agir directement sur l'âme et la conscience des êtres, que l'on pense à la musique ou aux différentes formes d'art thérapie. Kandinsky, avec sa théorie de couleurs peut être considéré comme l'instigateur de cette idée. L'Art a cette possibilité de créer des résonances dans l'intérieur même de l'être sensible, et ainsi peut être à la base d'un changement interne puissant chez l'individu. Il a la possibilité et la force potentielle de faire éclater les structures mentales trop rigides et limitatives, et libérer les perceptions trop étroites et faibles qui en découlent. L'Art est un outil de communication et d'apprentissage, pour le créateur comme pour le lecteur. Mais pour établir un pont parfait entre le l'artiste et son oeuvre et le récepteur, chacun doit exceller dans son domaine; l'artiste dans sa vision et son talent pour l'exprimer, et d'autre part, le lecteur doit prendre conscience de son pouvoir créateur, son rôle n'est pas passif; il ne doit pas attendre le changement, mais le chercher et y participer. Le rôle du récepteur est de se rendre disponible à l'oeuvre et au message, d'être attentif et ensuite travailler sur ce que l'oeuvre lui a permis de vivre. Comprendre, mais aussi, et surtout, sentir et ressentir et intégrer cela à sa vie quotidienne. L'artiste n'est pas là pour donner à voir, mais pour faire voir, faire voir des détails insoupçonnés de l'existence, ou faire voir cette dernière sous un angle différent. Je ne sais pas si je me répète, mais Paul Klee a dis: «Art does not reproduce visible, it makes visible.»

dimanche 22 février 2009

mercredi 1 octobre 2008

Derrière le mur (que je photographie) l'Univers. L'univers et son reflet, toutes nos visions chevauchantes et dérivantes. Des autoportraits sans soi et des paysages autobiographiques. Mon regard juvénile éclaté sur une matière distante, qui interprète et résume la surface de l'infini.

lundi 29 septembre 2008

vendredi 26 septembre 2008

jeudi 31 juillet 2008

Citation

«Je pense que chaque artiste ou presque tente sans cesse de parvenir au bord du néant, là ou il est impossible d'aller plus loin.» (Harry Callahan) Démarche dangereuse dans la mesure où il serait possible d'y parvenir. Mon esprit se complaît dans la perspective où il est impossible d'arriver en un tel lieu, au bout de la route, soit qu'un tel lieu n'existe pas ou que le voyage serait trop long pour une vie humaine. Quel serait en effet le choc pour l'esprit humain de se heurter à une surface où il ne pourrait consumer son existence, laisser sa trace, créer pour simuler une signification à tout cela? Seul un immortel pourrait vraiment connaître le néant, et peut-être que l'immortalité advient lorsque l'on parvient au néant. Il m'apparaît pourtant improbable que ce soit un lieu différent de celui où l'on se trouve; nous devons y être déjà, en faire partie, seulement trop léger et immature pour pleinement l'habiter. Le néant est ici et ailleurs, et l'éternité est une aberration de langage.

mardi 17 juin 2008

Anecdote

Je lisais et je n'étais pas concentré, je pensais à mon blog et je me demandais pourquoi continuer à y écrire, quel intérêt y avait-il à exposer ce que je pense, mes conclusions et mes questions. À la seconde où je me posais ces questions, voici le passage sur lequel je suis tombé: «Je ne crois pas qu'il soit indispensable à un philosophe de défendre sa vie durant une position rigidement cohérente. C'est une sorte d'orgueil de l'esprit que de s'interdire de «penser à haute voix» et de publier une thèse tant qu'on ne se sent pas en mesure d'en présenter une justification sans appel. Tout comme la science, la philosophie est une fonction sociale. On ne peut penser juste tout seul, et il est nécessaire de livrer sa pensée au public afin de profiter en retour de la critique. S'il m'arrive de donner à certaines déclarations un tour autoritaire ou dogmatique, c'est par souci de clarté et non pour jouer les oracles.» (Alan Watts, Supreme identity)
 Sans m'identifier à ceci en me disant philosophe - loin de là - je crois que ceci s'applique beaucoup à ma situation, car cela me rappelle pourquoi j'avais commencé ce blog au début. C'était justement pour former ma pensée, pour me forcer à l'articuler et pour l'exposer aux intempéries à l'extérieur de ma boîte crânienne. Je croyait pouvoir faire de ce lieu un lieu d'échange, mais je me suis trompé. Partir ce blog seul et d'une façon très personnelle et pensant pouvoir y greffer d'éventuels collaborateurs était un peu naïf. C'était et c'est resté un lieu de réflexion personnel exposé à tous qui prennent le détour, une petite bouteille de verre où je suis le seul à glisser des messages par le goulot. 
 Pour revenir à la citation d'Alan Watts, je crois que cela s'applique bien à d'autre forme d'expression/réflexion. Par exemple, l'auto-critique, les exigences envers soi et sa création peuvent facilement être un frein à l'exposition de celle-ci. Vouloir s'améliorer, pousser plus loin, complexifier, synthétiser, perfectionner son oeuvre; tous ces désirs ne doivent pas constituer un blocage à l'appréciation de cette oeuvre, si en devenir qu'elle puisse être. Car est-on jamais en parfaite maîtrise de nos moyens (de réflexion et création), cesse-t-on jamais d'apprendre et de d'améliorer, peut-on jamais arriver à une extrémité où tout est parfait, bien dosé et sans faille, où le moment serait parfaitement idéal pour finalement révéler au grand jour l'«accomplissement ultime»? Je ne crois pas, pour moi la perfection fait référence à un état d'immobilité qui ne peut exister, car, même s'il était possible d'y parvenir, cet exploit se solderait par la mort, car je ne conçoit l'immobilité comme faisant partie de la vie.

dimanche 11 mai 2008

Phrase anonyme

«You never grow old, you become old by not continuing to grow.»
Ceci décrit très bien chez moi une angoisse, une obsession et de ce fait même un but et une motivation.

Diaporama du projet Limites de la rationalité